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Retour en Francilie

J’au tout de même réussi à m’acheter un billet d’avion dans une période pas chère, aller simple. Vers la mi-novembre (une saison agréable question climat), je serai de retour en Francilie après 30 ans d’absence (enfin j’y étais bien retournée de temps en temps tout de même) ; l’Italie, c’est fini. J’y retournerai certainement, mais en touriste.

 

Je ne peux pas vraiment dire, comme la fameuse chanson des colos de ma jeunesse :

Je reviens, je reviens, je reviens au pays

Je reviens le cœur en fête…

Et d’ailleurs je ne reviens pas au port de Saint-Malo mais en Francilie, c’est différent, moins poétique et surtout moins folklorique (encore que, question folklore, au jour d’aujourd’hui il y en a certainement plus en Francilie qu’à Saint-Malo).

 

D’autant que je ne reviens pas précisément de bonne humeur. D’abord, je quitte à contre-cœur ma région d’ici, à laquelle je suis, celles et ceux qui me lisent l’auront compris, profondément attachée affectivement. J’y vis depuis 30 ans, mes enfants y sont nés, bref, c’est ma région autant que la Francilie, j’y ai même passé plus d’années, c’est en somme ma région d’adoption. Même si, pour les gens du cru, après 30 ans je suis toujours « la française », mais enfin ça ne viendrait à l’esprit de personne de me dire que je n’y suis pas chez moi ; je suis la française du coin et fais partie du paysage local.

 

En dépit de son particularisme (j’en ai déjà parlé mais j’en reparlerai avant de partir), la Toscane, qui est différente des autres régions d’Italie (qui ont toutes des différences marquées entre elles, mais celle-ci en a une de plus en ce qu’elle est l’anti-Italie, ou alors l’Italie véritable, au choix), n’en a pas moins ses problèmes, d’une part, et d’autre, des caractéristiques semblables au reste de la péninsule, qui rendent la vie de plus en plus difficile.

 

Je reviens donc à la fois contente et morose. Contente de revoir Paris, comme à chaque fois que j’y reviens, de revoir mes parents qui sont âgés et que je n’ai pas revus depuis plus d’un an, les lieux d’autrefois…

 

Morose, parce que, si j’y reviendrais bien volontiers pour un séjour de loisirs comme auparavant, j’y reviens cette fois avec la nécessité de me procurer de quoi continuer à vivre puisque ça m’est devenu tout à fait impossible là où je suis et que, en dehors de ma maison ici, je n’ai d’autre toit que celui de mes parents en Francilie.

 

Tout cela n’est pas sans me créer des problèmes de diverse nature à différents niveaux, évidemment, et d’autant moins plaisants à affronter que je n’ai plus l’allant de la jeunesse.

 

Les temps étant ce qu’ils sont, bien que française de souche et pourvue d’une carte d’identité française en bonne et due forme et tout et tout, sait-on jamais, le premier flicaillon qui vient me chercher des poux dans la tête par le plus malencontreux des hasards, prétend farfouiller dans mes gènes et mes chromosomes au lieu de s’occuper des siens qui pourraient toujours lui réserver plus de surprises que les miens, il peut d’ores et déjà avoir la certitude que sa bagnole ne démarrera pas dès qu’il montera dedans, il peut être certain de se ruiner dans le premier escalier venu en ratant une marche, et il n’y a pas l’ombre d’un doute qu’en rentrant chez lui il croisera un de ses collègues qui en sortira après avoir rendu visite à sa femme.

 

Il est tout aussi certain que le premier blanc-bec noir qui m’écrase consciencieusement les pieds dans le métro sans me dire « pardon madame », pire, qui me traite de raciste si je lui dis avec mon air morose : « non mais vous ne pourriez pas faire un peu attention où vous mettez les pieds » se fera serrer par les keufs à la sortie pour un contrôle d’identité, même s’il a ses papiers parfaitement en règle, ce qui, on en conviendra, est toujours un inconvénient et une perte de temps qui vous met de mauvaise humeur pour la journée.

 

Il est encore absolument sûr que le premier beur en pleine jeunesse et sveltesse, genre mocassins jean et blouson cintré, rasé de près pas un cheveu qui dépasse, qui me pique la place que je lorgne dans le bus, là, près de la fenêtre, aura le plaisir de trouver sa belle-mère chez lui à la place de sa femme qui sera sortie avec sa sœur reluquer les boutiques du centre commercial du quartier et rentrera immanquablement en retard, et devra donc se contenter d’un hamburger et de frites surgelées micro-ondes, ce qui lui gâchera une soirée qu’il aurait prévue différemment sinon il ne se serait pas rasé de près.

 

Mais j’en ai aussi en réserve pour les chinois, dans le même genre, qui se réaliseront aussi ponctuellement que le ying et le yang.

 

Tiens, rien que de penser à tout ça, j’ai le cœur qui flanche…

 
Ecrit par Lory, le Dimanche 21 Octobre 2007, 00:05 dans la rubrique Florycalque.

Commentaires :

lorycalque
lorycalque
23-10-07 à 14:18

Spécial chinois pour ne pas les laisser en reste

C'est sur, les petits vieux derrière leur comptoir qui refusent de vendre leurs mirifiques remèdes traditionnels aux blancs (et aux autres d'ailleurs, à tout ce qui n'est pas chinois) auxquels ils vendent fort cher un tas de saloperies qui ne font aucun effet, auront la grippe intestinale tout l'hiver sans que rien n'y fasse en ce qu'ils auront les polyvalents du fisc sur le paletot dont ils n'arriveront pas à se dépètrer, ce qui leur apprendra à vendre leur médecine traditionnelle sans faire d'histoire à leur juste prix tout en leur permettant de méditer sérieusement sur la philosophie zen en se disant que tous les maux ne viennent pas systématiquement pour nuire.