C'était à Belleville et dans ce temps-là les immigrés juifs étaient nombreux. D'ailleurs certaines des amies de mon aieule étaient aussi à moitié juives, ou juives mariées à des goys (les gens étaient très mélangés dans ce genre de quartier) et donc ça ne ce voyait pas. Bref quand vinrent les temps sombres de la guerre, ses amies, les enfants de ses amies et sa fille survécurent parce que dans ce temps là on n'allait pas fouiller dans les gènes des gens par test ADN, ça n'existait pas. Meme si etre "à moitié juive" suffisait à vous envoyer en certains lieux dont vous ne reveniez pas. Il suffisait meme qu'on vous trouve une grand-mère, un grand père juif pour vous expédier en ces lieux. Mais mon aieule avait inscrit sa fille à l'état-civil au nom de feu son mari à peine décédé. Et puis son fils mon grand-père avait eu la bonne idée d'envoyer tout le monde à la campagne pour avoir des chances de trouver plus facilement à bouffer qu'à Paris.
Bon bref quand je trouve des crétins altermusulmondialistes qui me font la leçon sur gnagnagna remplace "X" par "juif" blabblabla et qui parlent en l'air sans savoir de quoi ils parlent, j'ai envie de les mordre.
Dans les 10 dernières années, il y a eu 30 000 mariages d'hommes du 3ème
age, soit entre 70 et 85 ans, célibataires, veufs ou divorcés avec de très
jeunes étrangères. A ce phénomène s'ajoute celui, dans des proportions
beaucoup plus grandes, de maris âgés qui quittent leur femme pour aller vivre
avec des étrangères.
Il n'est pas rare, continue l'article, qu'il s'agisse de véritable main mise
sur une personne gâteuse de la part de leur jeune assistante, et un certain
nombre de célébrations a donc été refusé pour cette raison par les mairies.
Dans un tout autre domaine, je trouve cet article de l'observatoire des inégalités
où il apparaît que les mariages se font le
plus souvent entre des membres issus d’un milieu social proche et
que si les frontières des groupes sociaux ne sont pas imperméables, ce phénomène fonctionne pour les hommes
surtout du haut vers le bas de la hiérarchie sociale, et pour les
femmes du bas vers le haut.
Il en est du statut social comme de l'age: avec de l'argent les hommes
s'achètent une femme plus jeune. Les femmes continuent et continueront de plus
belle avec l'immigration à chercher à se faire une situation sociale par
mariage. Plus que l'égalité des sexes, c'est plutôt l'inégalité qui s'accroît
dans ce domaine comme dans les autres.
Le contraire est beaucoup plus rare et passe beaucoup moins bien. Les femmes
n'ayant généralement pas des salaires égaux à ceux des hommes à travail égal et
occupant surtout des postes subalternes et donc moins bien rémunérés, quant à
leurs retraites, on sait qu'elle est en moyenne d'un tiers inférieure à celle
des hommes, ce sont elles qui le plus souvent se retrouvent seules, d'autant
plus qu'on les éduque à s'occuper d'un homme et non d'elles-mêmes.
Avec l'immigration il n'est cependant pas rare, c'est même de plus en plus fréquent ,
de voir des femmes d'un certain âge épouser un immigré de 10 ans de moins
qu'elles intéressé par la nationalité
Parlez-moi d'amour! Chaque chose a son prix, comme chacun sait.
Il en ressort que la méfiance envers les immigrés, musulmans notamment, s'est acrue en un an. En revanche, la majeure partie des immigrés toutes origines confondues, déclare se trouver bien en Italie (77%) et 58% d'entre eux pensent s'installer définitivement et demander la citoyenneté italienne après les 5 années nécessaires de permanence sur le territoire italien pour en présenter la demande. Il apparait donc clairement selon les chiffres que le malaise et le dérangement se trouve davantage du coté de la population autochtone.
La population déclarant des sentiments d'ouverture à leur égard est restée stable (42%), tandis que celle qui manifeste de la méfiance a doublé en un an (de 6% à 11,3%)
L'immigration en provenance des pays musulmans est celle qui apparait la plus problèmatique aux italiens (55%)
65% des italiens sont favorables à la naturalisation des étrangers qui en font la demande après 5 ans de résidence sur le territoire à condition qu'ils parlent italien.
Une donnée curieuse qui apparait dans ce sondage est que 44,5% des immigrés non-musulmans pensent que les immigrés musulmans posent plus de problèmes d'intégration qu'eux dans leur pays d'accueil, tandis que 50% des immigrés chrétiens ou d'autres religions sont contraires au fait que les musulmans puissent construire des mosquées en Italie alors que seulement 31% des italiens y sont opposés.
Les problèmes rencontrés par les musulmans sont pour 40% d'entre eux de ne pas pouvoir respecter leurs pratiques religieuses, le risque de perdre les valeurs de leur culture pour 30%, la difficulté de trouver des aliments conformes à leur tradition religieuse pour 28%. Seuls 23% d'entre eux déclarent ne rencontrer aucune difficulté en Italie et meme s'y trouver très à l'aise, tandis que, donnée qu'ils sont les seuls à formuler, 22% trouvent qu'il y a en Italie trop de liberté.
Ce trop de liberté, me laisse tellement, tellement perplexe... il n'y a que les musulmans à s'en plaindre et je trouve ça curieux.
Oh je ne lui en
veux pas et je la comprends. Pourquoi donc aurait-elle dû rester ici où tout est
plus dur pour les femmes à tous points de vue. Les lois leur sont moins
favorables, les femmes trouvent moins facilement de travail, elles sont moins
bien payées…
C’est moi qui
n’aurais jamais dû y venir… Enfin si je n’y étais pas venue, elle ne serait pas
née. Mais j’ai payé trop cher le fait d’avoir eu des enfants, ici, et je ne
m’en console pas, puisque ma vie y fut un naufrage.
Quand certain-es,
sur le web, me reprochent d’être haineuse,
ça me fait ricaner. Je ne l’ai pas été assez, je voudrais en avoir eu plus, de haine, parce que je serais repartie en
France avant qu’il ne soit trop tard.
Je ne me pardonne
pas d’avoir été assez bête, étant jeune, pour avoir cru en l’Europe, pire en
une Europe sociale. L’idée la plus idiote qu’une femme puisse avoir, c’est
d’aimer l’Autre, les autres, au lieu de commencer par s’aimer soi-même et se
faire penser avant « les
autres ».
Que ce soit la
famille, la politique ou la religion, on farcit la tête des femmes et on les
éduque à faire passer les autres
avant elles-mêmes.
Quand j’en vois
se démener pour les sans-papiers, les immigrés, et autres idées
« généreuses », je me dis qu’en épousant la cause du
multiculturalisme, elles creusent leur propre tombe et celle de toutes avec.
Personne, et pas même elles, ne se démène autant contre les violences
conjugales qui font plus de mortes que la chasse, par ailleurs absurde,
ridicule et stupide, des sans-papiers, et que personne n’a bronché pour la mort
d’une jeune femme dans le RER assassinée par un turc quand à la même époque
celle de deux adolescents qui, à Villiers-le-Bel, n’étaient pas vraiment en
règle avec la loi, déchaîna les protestations, les émeutes que l’on sait.
Aucune mort de femme n’a jamais provoqué d’émeutes. Quand la jeune femme mourut
dans le RER, c’est tout juste si on n’a pas pris la défense de l’agresseur
récidiviste, des fois que ça fasse du tort à la cause des immigrés.
J’ai toujours dit
à ma fille de penser d’abord à elle, que si elle n’y pensait pas personne n’y
penserait à sa place et de toutes façons pas mieux qu’elle ne saurait le faire,
qu’aucun homme sur la face de la terre ne méritait qu’on néglige sa propre vie
pour favoriser sa carrière à lui (et qu’elle n’avait qu’à penser à son père qui
ne serait jamais devenu ce qu’il est sans moi qui suis restée pour compte).
Et bien je vois
qu’elle a pris en considération ce que je lui ai toujours dit et que je n’ai
pas prêché dans le désert. J’espère qu’elle n’aura jamais de ces idées idiotes
qui m’ont réduites à la pauvreté, lot commun de beaucoup de femmes : les
80 % des 11 % sous le seuil de la pauvreté, et dont plus de la moitié ne sont pas des femmes immigrées, issues
de la colonisation, post coloniale etc etc... on ne le répétera jamais assez.
Ce texte fait partie de mes « Mémoires », que j’ai (en partie)
rédigées il y a déjà quelques années. Cela fait
partie de l’héritage culturel que je veux laisser à mes enfants, à mes descendants quand j'en aurai, un jour. J’ai essayé de
transcrire mes souvenirs le plus fidèlement possible. Je publie le texte tel
quel :
J’avais tout juste 14 ans, mais
ce fut vraiment l’année des grands changements. C’était le temps où les femmes
commençaient à porter couramment le pantalon. La mode en peu de temps avait
déjà changé en ce printemps, la mini-jupe faisait son apparition dans les
transports en commun (c’est là qu’on voit vraiment la mode de la rue) et les
cheveux des hommes s’allongeaient pour couvrir les oreilles. Les lycéennes, les
étudiantes et les très jeunes femmes s’habillaient comme le mannequin anglais
Twiggy, chaussures à talons et bouts carrés, grandes chaussettes blanches et
jupes courtes, taille basse, pull étroits au nombril. Grande époque du Ricils,
des grands yeux ingénus et dévorants, seuls à ressortir dans un visage ou les
lèvres n’étaient pas soulignées, le rouge à lèvres prenant les couleurs des
fonds de teint. Après 68, un élément vestimentaire allait connaître une fortune
extraordinaire chez les jeunes femmes : le blue-jean, signe évident d’une
certaine égalité des sexes conquise, ou tout au moins fortement revendiquée.
Rien ne laissait prévoir l’ampleur
des mouvements que nous allions connaître ce printemps-là. Le train-train du
quotidien s’écoulait paisiblement, pourrait-on dire, en cette fin du règne
Gaullien. Il y avait à peine un mieux-être dans ma famille après tant d’années
passées « à tirer le diable par la queue » pour boucler les fins de
mois en remboursant le prêt bancaire de la maison que mes parents avaient fait
construire. Pour la première fois, nous avions passé une semaine de vacances à
l’étranger ; nous étions allés à Venise pour Pâques.
Guère plus d’un mois plus tard,
les signes avant-coureurs de ce qui allait suivre apparurent. La télévision en
noir et blanc parlait de revendications estudiantines à Nanterre, dans la
banlieue ouest ; on ne parlait pas encore « d’évènements »,
comme on dit par la suite. Pour autant que je me souvienne, des mouvements de
grève éclatèrent ça et là, mais c’était chose courante et commune qu’il y en
ait de temps à autres. Il y en eut bien évidemment au lycée comme ailleurs,
mais cela n’avait rien de surprenant. Ce qui le fut est la tournure que prirent
les évènements. D’habitude, il ne s’agissait que d’une journée de grève des
enseignants, et nous restions alors tout simplement chez nous. Ce qui fut
différent, et très perceptible dans ce grand lycée qui comptait à l’époque deux
mille cinq cents élèves, c’est que, outre aux professeurs, les classes du
second cycle se mirent en grève et occupèrent le lycée, du jamais vu. Il y eut
des assemblées générales sur la pelouse centrale où tant élèves que professeurs
prenaient tour à tour la parole en ce passant un mégaphone ; tout le monde
avait le sentiment qu’il se passait quelque chose hors du commun.
Je n’étais qu’une gamine et ne
fut jamais qu’une jeune observatrice de ce qui se déroula. La grève générale
fut votée, et il fut décidé de se rendre dans Paris pour rejoindre les cortèges
de manifestants qui commençaient à se former tous les jours. Je n’y suis
évidemment jamais allée, mes parents ne m’auraient d’ailleurs jamais permis de
m’y rendre et je n’en avais du reste nullement le désir, n’étant qu’une gosse
étonnée par la tournure que prenaient ces évènements qui sortaient de
l’ordinaire. Mes parents, qui étaient jeunes alors, se rendirent
souvent dans Paris; désormais la grève générale s’étendait à tous les
secteurs comme une traînée de poudre. Mon père se rendait en vélo là où il
travaillait et où les employés faisaient les piquets de grève à tour de rôle,
et ma mère se rendit quelquefois aux
amphithéâtres archi-combles de
Bientôt, il n’y eut plus de
transports en commun, plus de voitures dans les rues car l’essence vint à
manquer. Plus de télévision ; un écran gris qui ne laissait paraître à
l’heure des nouvelles que des débats politiques. Les gens par contre écoutaient
la radio pratiquement 24 heures sur 24. Il n’y avait dans les supermarchés
qu’une sorte de service minimum assuré par les piquets de grève. La pression du
gaz baissa, la flamme dansait inégale quand on cuisinait, et les coupures de
courant devinrent fréquentes ; il ne fut pas rare de passer les soirées à
écouter la radio à la lueur d’une bougie. Une des choses qui m’a le plus
marquée est que les gens sortaient de chez eux et se parlaient. C’était le
printemps, il faisait beau, les gens le soir étaient sur les troittoirs,
discutaient avec une animation incroyable et leurs yeux brillaient, ils
échangeaient leur point de vue, les dernières nouvelles, une oreille rivée au
transistor. La vie et la ville avaient pris un caractère étrange, d’une
nouveauté absolue, extraordinaire.
Quand De Gaulle se retira à
Colombey, laissant non pas le chaos mais le vide politique et le pouvoir vacant
dans la capitale, il y eut un sentiment d’attente d’une intensité dont je me
souviens parfaitement malgré mon jeune âge à l’époque. Inquiétude n’est pas le
mot. Attente, c’est bien de cela qu’il s’agissait. Les gens attendaient de voir venir les évènements,
attendaient quelque chose.
Une vague inquiétude se fit jour
quand la rumeur courut que De Gaulle avait semble-t-il rencontré le général
Massu quelque part en Allemagne Fédérale. Il y avait encore à l’époque des
troupes alliées stationnées de l’autre côté du Rhin, y compris des troupes
françaises. La radio parla de manœuvres, de mouvements de troupes là-bas, et
les gens pensèrent qu’elles marcheraient, peut-être, sur Paris.
De même que, quand, dix ans plus
tôt, à l’appel radio du même De Gaulle lors d’un de ses fameux discours, celui
du « quarteron de généraux félons » préparant un putsch à Alger pour
prendre le pouvoir en France métropolitaine, avait demandé aux troupes de ne
pas sortir des casernes sauf si lui-même ne leur en donnait l’ordre pour
défendre la république et au peuple de Paris de barrer les accès de la
capitale, il se produisit l’inverse. Le bruit courut que les chars arriveraient
peut-être par l’est, et nombre de personnes se rendirent vers Le Bourget pour
barrer les routes avec leurs voitures. Mais rien de ce genre ne se produisit.
Seules les nombreuses
manifestations que nous savons eurent lieu, parfaitement documentées par les
images filmées de l’époque, que nous avons tous vues.
Quand les
« évènements » prirent fin, tout rentra dans l’ordre et dans la même
apathie que lorsqu’ils avaient commencés. Le courant, la télé, revinrent comme
l’essence aux pompes, et les gens repartirent le week-end à la campagne, moins
en vacances cet été là, désargentés par un long mois de grève. Il y eut les
élections présidentielles et législatives en juin je crois, Pompidou fut élu,
et nous fûmes parmi ceux qui purent partir en vacances. Les séjours dans les
villages de vacances du Comité d’Entreprise ne coûtaient pas très cher, tout le
monde n’avait pas cette chance… Je me souviens que, dans un patelin de province
dans lequel nous nous étions arrêtés en cours de route pour boire un coup, les
autochtones nous regardaient de travers. Un pilier de bar lança à la cantonade
quelqu’invective à notre égard : « …ceux qui ne remplissaient pas
leur devoir civique en n'allant pas voter au second tour et partaient en vacances après
avoir créé du désordre pour profiter des avantages des accords de
Grenelle… », accoudé au comptoir en nous regardant en biais. Ma mère en
sortant lui répondit d’un ton coupant avec un regard méprisant : « le
nôtre est déjà fait et notre député ne vous plairait sûrement pas ». Antique animosité entre Paris et la province,
la province profonde et les grandes villes, parce qu’elles ne furent pas en
reste…
Mais, malgré l’apparente
apathie, le calme revenu et la tranquillité retrouvée,
On sait qu’en
moyenne, parmi les immigrants qui tentent la traversée sur des embarcations de
fortune, il en meurt un sur trois. La plupart sont des hommes, 90% environ et
le reste des femmes, parfois avec des enfants. On sait aussi qu’en moyenne, le
passage coûte 2500 € par personne.
Sans doutes y
a-t-il tous ceux qui fuient des pays en guerre et des situations trop
dangereuses pour rester là où ils sont. Mais je ne pense pas que ce soit le cas
de la majorité d’entre eux. La plupart viennent à la recherche de travail. Comment
font-il donc pour réunir une somme aussi considérable ?
Avec la somme
qu’ils investissent dans leur voyage, ils pourraient sans doutes créer sur place
quelques petites entreprises leur permettant de faire vivre leur famille aussi
bien qu’ici, où il vivront de longues années dans des conditions précaires et
difficiles, parce qu’une telle somme correspond à moins que ce que représente
souvent un micro-crédit.
S’il y a tous
ceux qui fuient des contrées dévastées privées de sécurité, il y a aussi tout
ceux, probablement les plus nombreux, qui quittent des pays pauvres mais où la
paix règne et où il y aurait sans doute beaucoup à faire. Dans ces pays là,
l’émigration est un business, une habitude depuis des décennies, que rien ne
justifie vraiment.
Quand il y a 30
personnes (minimum) embarquées sur un fragile esquif, cela signifie que 2500 €
multiplié par 30 et qui font 75 000 sont bien passés quelque part puisque les
arrivants, s’ils arrivent, sont sans papiers mais également sans un sous. Si
l’on tient compte du fait qu’à la belle saison, durant 7 mois de l’année, il y
a en moyenne un arrivage par jour ne serait-ce qu’à Lampedusa, cela fait 2 250
000 € par mois et quinze millions sept cent cinquante mille en 7mois. Si l’on
pense à tous les autres points de passage pour franchir la seule Méditerranée,
on se rend compte que des sommes colossales sont en jeux.
Comment ces
personnes se procurent-elles ces 2 500 € ? On s’imagine bien que les à
peine 10% de femmes qui fuient des situations où elles sont mère célibataires par
exemple, se les procurent en travaillant le long du parcours ou en rendant des services
y compris sexuels. Mais pour les hommes il en va tout autrement. Disons qu’au
départ c’est la collectivité, le clan qui se cotise pour avancer la somme au
candidat à l’émigration, qui devra la rembourser une fois arrivé par son
travail. Et les structures socio-culturelles sont telles que c’est la plupart
du temps un personnage, appelons-le « vieux marabout », un usurier, qui
avance la somme, de même que c’est lui qui va désigner les candidats parmi les
aspirants. Ainsi se met vraisemblablement en place la filière jusqu’aux côtes
sud de la méditerranée ou un réseau procure les barques. Au départ, les
« vieux marabouts » savent pertinemment qu’un sur trois parmi les
partants mourra, mais cela ne les dérange pas outre mesure. Pousser la jeunesse
vers l’exil au lieu d’investir dans son propre pays me paraît témoigner d’une mentalité où il
apparaît bien que l’émigration des populations est une industrie. Et derrière
cette mentalité je vois personnellement la volonté délibérée non seulement de
s’enrichir sur la peau de la jeunesse, mais également celle de plomber
l’Europe, qui ne sera pas une vache à lait ad vitam aeternam vue la récession
économique. Quand elle sera plombée, ce sera comme dans le tiers-monde sans
avoir amélioré quoi que ce soit dans les pays de partance qui continueront à avoir des carences de tous ordres.
Les « vieux marabouts » avancent-ils les sommes nécessaires sur leur cassette personnelle ? Sans doutes. Mais considéré le fait que les départs sont toujours plus nombreux, ils font certes fructifier le trafic, mais il ne faut pas oublier qu’un tiers des partants se perd en mer et ne rembourse jamais sa dette. On peut donc sans trop se tromper supposer que les « vieux marabouts » sont bien pourvus en pétro-dollars gracieusement avancés et venus d'ailleurs, parce que n’est-ce pas, avec les émigrants ils exportent l’islam; l’Afrique sub-saharienne étant quasi entièrement musulmane.
Bientôt, la belle
saison sera de retour. Comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises sur ce blog,
la plage est, avec les promenades dans la campagne, la seule distraction
gratuite. Depuis quinze ans déjà, des immigrés plus ou moins clandestins
arpentent les plages pour vous vendre leur camelote. Les premiers temps, ils
n’étaient pas nombreux et les gens leur faisaient bon visage, leur achetaient
volontiers une babiole, faisaient la causette, c’était même une attraction. Mais
les temps ont changé. Les gens ont de moins en moins d’argent, et eux sont de
plus en plus nombreux. Ils n’ont pas l’air de le comprendre qu’ici, beaucoup de
gens sont au chômage, ou n’ont que peu de moyens, et qu’aller sur la plage ne
signifie pas nécessairement être un vacancier, et que même les vacanciers ne
roulent pas sur l’or. Les édiles communaux ont en général publié un édit
interdisant le commerce ambulant dans les centres historiques des villages
touristiques où se trouvent désormais de jolies boutiques assez chères et les
restaurants, de sorte qu’ils refluent tous sur les plages.
En moyenne, il en
passe un tous les quart d’heure. De sorte qui si vous passez deux heures sur la
plage, il vous en passe huit minimum. Pour avoir la paix, il faut aller de plus
en plus loin, dans des endroits difficilement accessibles, et encore, ce n’est
pas certain. Le pire, c’est quand ils vous plantent leur bardas avec leur
camelote sur les pieds ou sous votre parasol et ne décarrent plus. Un peu comme
quand ils arrivent chez vous en ouvrant votre porte. Il y a beau temps que je
n’emmène plus d’argent à la plage sinon de quoi m’acheter une glace, et quand
il s’en pointe un qui menace de mettre racine, je vais me baigner, ou faire un
tour le long des dunes, c’est encore le meilleur moyen pour qu’ils se tirent.
Depuis que j’ai
commencé à faire les circuits avec les cars de tourisme, je me suis aperçue qu'en ville chaque parking est un
véritable souk. C’est tout juste si les touristes arrivent à descendre parce
que les touristes sur-numéraires se plantent devant la porte. Il faut donc que l’accompagnatrice et le
chauffeur s’y placent et les écartent de devant afin de faire descendre les
gens. Difficile ensuite de faire cinquante mètres sans être abordé, et c’est
vraiment gênant quand on doit expliquer aux gens ce qu’on a à leur dire.
Et comme je ne
suis pas missionnaire, je laisse le soin de leur éducation à celles qui n’ont
pas d’enfants, aux idiotes utiles à l’islam qui veulent faire la pige à Mère
Théresa, à toutes celles qui n’osent pas le dire explicitement mais qui souhaitent
voir l’état d’Israël rayé de la carte afin que les juifs puissent avoir le
droit à l’autodétermination.
Un de ces quatre
matins, la sonnette a retenti. A cette heure là, j’ai pensé que c’était le
facteur et qu’il avait une lettre recommandée à me faire signer.
Le temps que je
laisse ce que j’étais en train de faire et que je traverse la maison pour aller
ouvrir, je me suis trouvée avec un type qui l’avait déjà ouverte et qui était
sur le pas de la porte, tout sourire. Je me suis arrêtée médusée.
C’était un
immigré, maghrebin celui-là, qui faisait du porte-à-porte à la sauvette. Il n’y
a qu’eux à agir de la sorte. N’importe quel autre, que ce soit un représentant
quelconque, le facteur, ou le releveur attendent qu’on vienne leur ouvrir après
avoir sonné. Eux non. Ils ont pour habitude de traverser le jardin après avoir
sonné, et si l’on n’arrive pas à la porte avant eux pour ouvrir, ils l’ouvrent
d’eux-mêmes.
C’est quelque
chose que j’ai en horreur. Je n’ai jamais compris pour quelle raison ils se
comportent de la sorte. Peut-être parce que la plupart du temps se sont des
femmes qui se trouvent à la maison à ces heures là ? Et ce large
sourire ? Comme si on n’attendait qu’eux. Comme s’ils étaient chez eux. C’est
le genre de chose qui me met hors de moi. Je ne sais pas ce qu’il voulait
vendre, du linge de maison je crois, où des chaussettes, peu importe, je n’en
ai pas besoin, et de toutes façons je ne leur achète jamais rien. Je ne leur
achète rien parce que les rares fois où j’aurais pu être intéressée par quelque
chose, quand on leur demande le prix, au lieu de vous le dire, ils vous
demandent combien on veut le payer ; bref, on se trouve obligé de
marchander, et je n’ai aucune envie de perdre mon temps pour une paire de
chaussettes. Et puis par principe je n’achète pas aux musulmans. Je préfère
aller au marché où les prix sont affichés, y compris chez les chinois, qui sont
les moins chers, et où les commerçants payent une taxe pour l’occupation du sol
public, ou dans les petites boutiques où j’ai mes habitudes et pour lesquelles
les affaires ne sont pas si florissantes, il y a la moitié moins de boutiques
qu’il y a quinze ans (remplacées par des banques ou des agences immobilières)
qui payent eux aussi une patente.
Je l’ai regardé
de travers en lui demandant pourquoi il n’avait pas attendu que je vienne lui
ouvrir la porte. Il continuait à me baratiner sans me répondre, ce qui m’a
exaspérée. Je lui ai donc dit que je ne voulais rien, qu’il n’avait pas à
ouvrir la porte sans en être prié, et de s’en aller. Il ne décarrait pas et
continuait à sourire, ce qui m’a mise en colère. Je connais leur sourire et je
ne l’aime pas pour deux raisons. La première, parce qu’il signifie :
« je sais que ça vous emmerde, vous les européens, qu’on soient là, et je
suis content de vous emmerder ». La seconde, parce qu’elle équivaut
à : « tu es une femme, et moi un homme, et donc c’est moi le
patron ». Ils ont beau venir du bout du monde, pauvres diables minables et
miséreux, ils n’en restent pas moins des machos, issus de cultures où les
femmes valent moins qu’un animal. Je les déteste beaucoup plus pour la seconde
raison que pour la première. Avec eux, ils apportent leur mentalité archaïque,
même quand ils sont diplômés. On a déjà tant de problèmes ici avec le
machisme ; l’arrivage massif de ces hommes ne peut que renforcer le
machisme existant, nous ramener en arrière, on peut le vérifier dans les écoles
où l’égalité des sexes péniblement et incomplètement acquise en trente ans
d’efforts se voit remise en question par leurs enfants quand ils s'installent, avec qui il faut repartir à zéro.
Foufouna est
étudiante en touriste, juste pour le fun,
pour sa culture et son enrichissement
personnel dit-elle. Ce n’est tout de même pas tout le monde par les temps
qui courent, et au prix où ça coûte, qui peut se permettre de faire des études
en touriste, mais Foufouna, très amère, elle se dit même désabusée, prétend que de toutes façons, comme elle est musulmane,
même surdiplômée elle sera discriminée et que donc, ce n’est pas la peine de
s’évertuer à étudier. Si on lui objecte qu’il y a tout de même beaucoup de
diplômés de son âge à être précaires ou au chômage, ça la dérange beaucoup et
elle préfère détourner la conversation, sinon son statut d’éternelle
discriminée qu’elle arbore autant que son voile s’en trouverait lésé.
Comment fait-elle
pour se payer ses études ? Mystère. A-t-elle une bourse d’études ?
Les allocations familiales de sa famille nombreuse ? Ses parents ont-ils
deux ou trois restaurants à cous-cous avec des sans-papiers indonésiens non
déclarés pour compenser ses frais d’études ? Paye-t-elle son inscription
en pétrodollars ? Foufouna garde le silence sur ce chapitre. En tous cas,
elle ne travaille pas elle-même pour subvenir à ses besoins comme tant
d’autres, mais elle se rend souvent en vacances (étudier en touriste fatigue
énormément et puis toutes ces vexations qu’elle doit subir dès qu’elle met le
nez dehors, c’est terriblement épuisant) dans son pays d’origine où elle a une
nombreuse famille susceptible de l'héberger et une résidence secondaire, peut-être même plusieurs, louées
aux touristes pour payer ses frais d’études et ses billets d’avion, allez
savoir.
D’ailleurs,
manifestement, Foufouna n’est pas dans le besoin. Vacances au pays plusieurs
fois par ans, frais de coiffeur énormes. On na pas idée pas ce que
représentent les frais de coiffeur pour les voilées, il leur faudrait une
allocation spéciale de la part de l’état pour les subventionner. Il faut faire
venir la coiffeuse (se doit être impérativement unE coiffeusE) à domicile, pas
question pour une voilée d’aller dans le salon de coiffure du quartier comme
tout le monde, à moins que celui-ci ne dispose d’un paravent afin d’être cachée à
la vue des clientes.
Foufouna est très
encouragée par ses amies qui la soutiennent, c’est tellement terrible d’être
voilée en eurabie, le continent n’étant pas encore complètement islamisé. Mais
elle a aussi nombre d’admirateurs (si si) pour l’exhorter à persévérer malgré
la discrimination, à porter noblement son voile comme une croix. Parmi ceux-ci
se distingue particulièrement un soupirant : Barballah.
Barballah soupire de l’autre côté de la méditerranée. On ne sait pas trop ce que fait ce barbe-bleue. Celui-ci s’est en somme institué son gardien spirituel, son agent conseil en islamitude. Grâce à son pasdaran attitré, on ne sait pas si Foufouna décrochera un jour un diplôme universitaire, mais ce qui est certain est qu’elle aura amplement mérité un brevet de perturbatrice universitaire, de provocatrice islamique, ce qui lui vaudra pour le moins une patente d’accompagnatrice de sorties scolaires, une profession pour laquelle elle manifeste déjà une vocation certaine ; dans ce domaine, elle a une carrière assurée.
Un bel article de Blandine Longre à lire ici.
